DITES-MOI que j’ai tort, que je me fais des idées, qu’il n’est pas vrai que les vieux, les hyper expérimentés, les autodidactes, les parcours variés en tous domaines, font peur aux entreprises comme je le dénonce dans mon premier article sur ce blog. DITES-MOI que le monde de l’entreprise n’est pas aussi standardisé que je le pense, qu’il n’est pas autant frileux que je le prétends. Si quelqu’un lit cet article, qu’il me réponde, qu’il me donne sa vision. Pourquoi cet article (à risque polémique) à la suite du précédent intitulé « Le Mouton à cinq pattes » ? Parce que mon CV publié sur une autre plateforme a fait réagir un DRH d’une grande compagnie. Et provoque ma réaction à mon tour. L’interprétation de ce DRH à la lecture de mon background fut surprenante … pour moi ! Il pensait que j’étais une sorte d’aventurier (sous entendu barbouze ou mercenaire) grenouillant dans le monde des affaires. Parce que mon parcours est atypique, fait d’expériences diverses, et que je suis un autodidacte et que je n’emprunte pas les routes balisées des autres conseils, pourrait-on en déduire que je suis un aventurier ?... Les dirigeants et les DRH d’entreprises sont-ils à ce point formatés qu’ils ne peuvent puiser leurs ressources humaines ailleurs que dans les pépinières débitant du consultant standardisé au mètre ?... Comprenez-moi bien, je ne critique pas ces diplômés formés aux mêmes techniques apprises du nord au sud, de l’est à l’ouest, ils sont nécessaires pour le travail de fond. Mais lorsqu’il faut sortir du schéma classique pour aller chercher l’info là où elle est dissimulée, découvrir la malfaçon cachée, connaître réellement le partenaire avec qui l’on envisage de collaborer, ce ne sont pas les banques de données, les statistiques, les rendez-vous avec des fonctionnaires ou des organismes spécialisés qui vous feront mettre au jour les détails oubliés ou mieux, tus. C’est ce que j’ai voulu faire ressortir dans mon background… et voilà l’interprétation qui en a été faite. Je fais peur. DITES-MOI, faites-vous la même interprétation à la lecture de ce parcours ? Mes relations avec mes clients étant scellées du sceau de confidentialité, il est difficile d’aborder clairement mes méthodes de travail en prenant en exemple une mission déterminée. Mais restons dans l’approche générale du job pour essayer d’y voir un peu plus clair. Quand un auditeur voyage en classe affaire, moi j’arrive par les voies les plus simples et les plus populaires. J’y rencontre des tas de gens intéressants qui me fournissent en informations, brutes, sans hypocrisie, sans cachotteries. Quand un auditeur programme ses rendez-vous avec des intervenants sur place, moi j’arrive d’abord sur les lieux, seul, en avance, incognito parfois, pour me faire une idée du chantier (ou sujet) que je vais devoir apprécier. Quand un auditeur réside dans ces hôtels de chaîne, identiques partout sur la planète, évoluant parmi ses semblables, c'est-à-dire dans son monde fermé lui faisant négliger un regard plus large, moi je descend dans un établissement du cru, au plus près du monde que je vais devoir étudier. Et là encore je fais de bonnes récoltes. Quand un auditeur ou un expert va contrôler sur le terrain des données techniques, encore faut-il qu’il soit apte à sortir de ses connaissances théoriques et tester pratiquement, concrètement, les applications qu’il recommandera… ou les faire tester par un spécialiste de son choix. Moi je teste en situation réelle, et bien souvent par moi-même car j’ai plusieurs cordes à mon arc, chacune de mes recommandations.
Mes méthodes sont-elles si étonnantes et aventureuses que cela ?
Dans mon approche d’un dossier je ne vois pas de « James Bonderies » mais un angle d’attaque inusité qui permet une vision réaliste et pragmatique, démarche complémentaire à une étude de fond.
Qui n’a pas entendu parler de cette compagnie mondiale agroalimentaire qui a dû fermer une usine dans un pays Européen pour cause d’absentéisme ? Pourtant toutes les études de diverses provenances n’étaient pas fausses. Il manquait juste un regard plus terre à terre. Il fallait lever les yeux du dossier et plonger dans les mœurs du pays. Qui n’a pas entendu parler de ce constructeur automobile ouvrant une usine sur le continent Sud Américain et qui a perdu des mois de production parce que personne ne lui avait signalé les usages et mœurs sociaux du pays ? Pourtant, sur le papier, tout avait été prévu… sauf ce point particulier qui a échappé aux auditeurs et experts de tous bords. Qui n’a pas entendu parler de ce cas d’école incroyable d’une unité de transformation agroalimentaire parrainée par l’Europe, sur laquelle se sont penchés plusieurs experts consultants européens, atelier ultra moderne, avec une politique d’exploitation des ressources et une formation professionnelle exemplaires, mais dont le traitement des déchets n’a été qu’une donnée statistique théorique sans s’assurer concrètement de la filière d’élimination ou de retraitement. Résultat : 6 mois perdus avant de pouvoir exploiter cette unité. Toutes ces études de marché et de faisabilité ont été menées par des bataillons de consultants et d’experts. Je vous laisse l’appréciation des coûts de ces interventions.
Ce ne sont là qu’une infime partie des « flops » les plus retentissants, bien d’autres, moins connus, sont à la base de retards ou de faillites de projets. Et je n’ai pas parlé ici des conflits d’intérêts ou du copinage, sources de bien des déboires. Encore une fois, mon propos n’est pas de stigmatiser les experts et autres consultants spécialistes technocrates, ils sont indispensables et incontournables. Mais leurs études ne peuvent être complètes sans une étude parallèle hors des sentiers balisés. Nous sommes complémentaires. Alors, DITES-MOI, suis-je parano ou bien les entreprises sont-elles frileuses ? Ou bien sont-elles formatées elles aussi ? Si des confrères lisent ces lignes, qu’ils me fassent part de leur vision, de leur désaccord éventuel avec mes assertions. S’il y en a qui sont d’accord avec mes dires, ils peuvent aussi témoigner, cela me ravira. DITES-MOI !